Jeudi dernier, nous avons organisé une dégustation organisée autour des accords entre thés et fromages. La dizaine de participants a pu apprécier les propositions d'accords et il faut dire que cette soirée fut assez passionnante, surprenante par moments, tant de marier ces deux mets peut étonner mais aussi réjouir le palais. Au-delà de la dégustation, c'est bien la rencontre de deux mondes, de deux cultures (le monde du thé et celui du fromage), de deux gastronomies, qu'il s'agissait de réaliser : la proposition est inhabituelle, mais nous avons eu par le passé l'occasion de la tester à plusieurs reprises et les bonnes surprises ont toujours été au rendez-vous. La soirée fut tellement passionnante que nous en avons oublié de prendre des photos. Honte sur nous...
Les principes de cette dégustation étaient simples :
1) Nous avons prédéterminé une sélection de 10 thés et de 5 fromages
2) Chaque fromage était proposé avec deux thés différents, simplement accompagné de pain (seigle et campagne)
3) L'ordre des perceptions était le suivant : thé au nez, thé en bouche, pain et fromage en bouche, et pour terminer on ajoute une gorgée de thé et on interroge ses perceptions
Les commentaires furent intéressants et venaient de l'ensemble des participants, chacun ayant à sa disposition une fiche reprenant les caractéristiques des fromages ainsi que la base d'une fiche de dégustation des thés, avec l'attribution d'une note permettant d'évaluer la qualité de l'accord.
Fromages et thés proposés : chèvre frais (Est) avec Shizuoka et Gyokuro (2 thés verts du Japon), carré de brebis (Lozère) avec Long Jing (Chine vert) et Da Zhang Chang (Vietnam vert), Emmenthal français jeune (Rhône alpes) avec Da Zhang Chang (Vietnam vert) et Suancha (oolong de Thaïlande), Coulommiers (Ile de France) avec Daisajan SF 10 (Inde Assam thé noir) et Evengreen Pointes Or (Ceylan thé noir), Fourme d'Ambert avec Margaret's Hope SF 10 (Inde Darjeeling thé noir) et Temi FF 10 (Inde Sikkim thé noir). Les fromages provenaient de la fromagerie St Nicolas de Colmar que nous tenons à remercier pour leurs précieux conseils.
De l'avis général, tout le monde préféra à chaque fois l'un des deux accords proposés, sauf pour la cinquième proposition, qui, fonctionnant pour les deux thés, ne montra pas de préférence nettement marquée. La fourme d'Ambert se marie à merveille avec le Darjeeling et le Sikkim, même si ce sont des récoltes différentes (été et printemps), la structure des deux thés reste très proche.
Par ailleurs, le chèvre frais se marie bien avec le Gyokuro, le moelleux des deux se fondant naturellement. Le Long Jing prend étonnamment le dessus sur le fromage de brebis alors que l'équilibre se fait avec le thé vert du Vietnam. Par contre le même thé du Vietnam ainsi que le Long Jing ne s'accordent pas avec l'Emmental. On peut même parler de lutte entre le fromage et le Da Zhang Chang. Par contre le Suancha de Thaïlande réalise un accord parfait avec l'Emmental, dans une fusion très gourmande. (Merci à notre ami Guy qui préside à la production et la réussite de ce splendide oolong de Thaîlande qui ne cesse de nous réjouir). Le Coulommiers de caractère a épousé parfaitement le thé d'Assam, qui a su lui répondre avec sa charpente et son caractère. Pour l'Evengreen, excellent par ailleurs, les goûts sont restés séparés et l'accord ne s'est pas produit.
La soirée s'est terminée en beauté avec la Fourme dont nous avons parlé plus haut.


Ces productions sont issues d'un processus comprenant plusieurs temps. Les images tirées de divers supports (catalogues, revues...) sont transférées sur des bandes adhésives de différentes largeurs, lesquelles sont ensuite assemblées et collées sur un support en bois, avant d'être retravaillées au pinceau et à la peinture acrylique.
L'ensemble dégage une impression très forte et très vivante, avec une multiplication, quasiment un maillage, de références visuelles triées sur le volet, tant pour leur couleur que pour leur évocation et représentation.
A l'impression globale fait toujours suite l'attention portée au détail. On ne peut s'empêcher de regarder chaque tableau de près afin d'y décrypter un détail, de préciser une perception. Ce faisant, la proximité du regard nous entraîne dans une immersion à la fois de la vision, mais également de l'imaginaire. En nous faisant entrer dans son monde, elle nous invite à en écrire une page personnelle, par le sens que nous donnons aux assemblages des images proposés.
L'humain marque chaque tableau d'une présence permanente, à travers des visages et des corps, mais aussi son activité. Chaque tableau est un petit univers organisé autour d'un imaginaire en couleurs.
Les "Escales" nous invitent au voyage et on ne peut s'empêcher d'y associer nos propres sensations et souvenirs, de croiser dans la perception de l'oeuvre notre imaginaire et celui de l'artiste.
On y recontre des humains filiformes ou des danseurs à la grâce aérienne, dans une poésie où l'évasion de la pensée rejoint celle de l'icône.


Les thés ont été préparés en théières de porcelaine et dégustés en utilisant la méthode de la tasse basse et de la tasse haute, issue du gong fu cha. Les dosages étaient de 4 grammes pour 0.5 litre d'eau, sauf pour Shizuoka dosé à 6 grammes.


